Réalisations

Extrait : "La soupe à la punaise

Pour repas, matin et soir, nous avions un bout de pain et une sorte de soupe. Si on peut appeler ça de la soupe ! C’était plus de l’eau chaude grasse avec trois rutabagas dedans qu’on nous servait dans une gamelle en inox ! D’ordinaire, nous recevions trois bouts de saucisson que nous nous partagions, de la part des chefs de groupes de la résistance et certaines d’entre nous préféraient se passer du mauvais bouillon pour manger cela ! Mais ce jour-là, la mère du groupe avait bien conseillé de boire toute la soupe car il n’y aurait rien de plus ! Je découvrais alors dans ma gamelle, deux punaises qui flottaient. Je me suis dit : « Soit je les enlève et j’avale ma soupe, soit je n’aurais rien dans le ventre de toute la journée. » Eh bien, c’est ce que j’ai fait ! J’ai ôté les punaises et j’ai mangé ma soupe !

 

La nuit, nous étions littéralement dévorées par les punaises. Nous dormions sur des bat-flanc en bois à même le sol. Au bout d’un moment, j’avais pris le coup. Nous avions des sabots fournis par la maison. J’en mettais un de chaque côté du lit et quand ça me piquait, j’écrasais la bestiole machinalement d’un coup de sabot sans vraiment me réveiller. À force, je ne sentais plus leur odeur, ni leur piqûre.

 

J’ai eu une vie soit très catastrophique soit très riche. Mais quand on a la jeunesse, on voit les choses bien différemment. Mais je pense avoir vécu une vie intéressante dans l’ensemble. Et puis moi, je m’accrochais à tout ce qui était captivant et je le prenais. La vie de chaque personne est un roman avec des rebondissements. Écrire son histoire est un souvenir indélébile qu’on laisse aux générations futures ! La mienne est chaotique, mais chaque personne a sa propre histoire, digne d’intérêt. "

 

 

Extrait écrit en collaboration avec Francis Dénat, l' écrivain biographe pour cet ouvrage :

" Tout le long du parcours, la foule des spectateurs vous applaudit, vous encourage, c’est puissant, ça vous porte et ça m’émeut encore ! Certains moments sont forts. 

On arrive ensuite à Harlem. J’entendais au loin un bruit assourdissant comme une énorme percussion et je me demandais ce que cela pouvait bien être. En arrivant plus près, des orchestres entiers scandaient le pas : boum ! boum ! boum ! La population noire de Harlem était de tout cœur avec nous. Ils faisaient la fête pour nous encourager, c’était très prenant !

 

À l’arrivée, nous étions accueillis individuellement pourtant nous étions très nombreux. Une femme noire m’attendait dans un couloir d’arrivée et me criait « Marathon ! Marathon ! ». Elle m’embrassait et me félicitait d’avoir participé et vous sentiez que c’était vrai, que ça n’était pas du cinéma ! Quelle émotion ! Enfin, une sorte de Claudia Schiffer vous remet la médaille du marathon et vous félicite en français. L’organisation était parfaitement maîtrisée. Ces dames nous demandaient si nous étions fatigués et proposaient de rencontrer les infirmières. À l’infirmerie on vous masse, on vous déchausse, on vous bichonne. L’infirmière, était une étudiante en médecine qui passait un examen l’après-midi. Elle devait encore réviser, n’avait plus que deux heures et pourtant elle était là à nos petits soins.  J’ai un souvenir inoubliable de cette course, c’était majestueux ! " 

 

Extrait : "Le voyage de noces

Après le mariage, nous sommes allés dans un café boire un coup et juste après nous avons pris le train direction la Bretagne. J’avais droit à une semaine de congé pour mariage et Gabriel deux de permission, c’est pour ça qu’il a dit oui, il me l’a dit !

On a fait le reste du voyage en stop. Une famille avec plusieurs enfants nous a pris alors que leur voiture était pleine.

Une autre fois, nous avons été conduits dans une maison en construction où nous avons planté la tente dans le garage. C'était un jour de pluie, Gabriel m'a passé son seul pantalon sec et quand les personnes sont venues nous apporter du café, il n'y avait que moi qui pouvais sortir de la tente pour les accueillir.

 

À Concarneau, le gérant du camping et un de ses copains voulaient regarder ce qui se passait sous la tente vu qu’on était jeunes mariés. Ils se sont allongés sur un talus en face mais il ne s’est rien passé : Gabriel n’aimait pas les pommes de terre à l’eau et moi j’en avais fait, il a été malade toute la nuit."


Article de presse

cliquez sur ce lien : La dépêche 7 avril 2019

Publié le 07/04/2019 à 03:57

Après avoir travaillé pendant 10 ans en tant qu'agent de réservation dans le tourisme, Sabine Genty a eu envie de changer de profession à un moment de sa vie, mais les propositions de pôle emploi ne correspondaient pas vraiment à ce qu'elle attendait.

L'occasion s'est présentée en regardant un reportage, «Passeurs de mots», où des personnes en soins palliatifs pouvaient finir d'exprimer ce qu'elles avaient à dire. Ce fut une révélation pour elle, avec l'évidence qu'elle désirait devenir écrivain biographe et écrire pour tout public.

Comme bagage, Sabine avait déjà une habitude de l'écriture en déposant par écrit ses pensées quotidiennes, une formation en communication, indispensable à la qualité de l'écoute, une envie d'aider les autres, et tout dernièrement une formation avec un biographe confirmé, Francis Dénat. Tout s'est aussitôt facilement mis en place. A peine un courriel envoyé à sa liste de contacts que déjà plusieurs demandes affluaient, ouvrant ainsi la voie à sa nouvelle profession qu'elle est en train de déclarer en micro-entreprise. Son premier livre de «L'histoire d'une vie» est celui de sa maman, à qui elle a pu offrir un exemplaire à Noël.

«Pour les personnes âgées, la mémoire ancienne reste présente et les souvenirs ressurgissent en s'enchaînant. Revisiter sa vie chez quelqu'un qui a une maladie grave est libérateur, car cela amène des prises de conscience salutaires avec des révélations soudaines. Prendre du recul sur son vécu permet également de voir aussi les belles choses, les coïncidences et aussi parfois de pouvoir arrêter de ressasser afin de tourner la page. A notre époque où l'on n'a plus de confesseur, ni de médecin de campagne qui comme autrefois prenait le temps d'écouter, cette nouvelle profession est dans l'air du temps, confie Sabine, car pouvoir s'exprimer et être entendu permet de prendre conscience et de débloquer des situations. Cela réactualise également le rôle de transmission qu'avaient les personnes âgées autrefois.»

Son point d'attache est Mirepoix mais elle se déplace à domicile ; peut-être faudra-t-il un peu de patience car elle est déjà très demandée.